Ensayo histórico. Avellaneda: la sombra del último caudillo (III/VI)

Essai historique

Avellaneda : L’ombre du dernier « caudillo » (III de VI)

Damián Antúnez Harboure

 

1973, Herminio asume la intendencia. Fuente: http://anuarioslaciudadavellaneda.blogspot.com.ar/2009/08/ano-1973_13.html (consultada 29/10/2013)

1973: Herminio asume la intendencia. Fuente: Anuarios de la ciudad de Avellaneda

Herminio maire d’Avellaneda

Les voyages à Madrid faisant partie de la délégation des 62 Organisations continuaient pendant qu’Herminio voyait de plus en plus comment le domaine politique d’Avellaneda commençait à lui appartenir. En effet, l’ouverture politique de 1971 marquant une transition démocratique pour arriver aux élections de mars 1973 trouva Herminio comme le candidat dit « naturel » à la mairie de sa ville natale. Mais tout cela ne serait pas si facile comme il n’en pense pas moins.

La dispute autour des candidatures vers la fin de 1972 montrerait la vraie dimension de la lutte politique à l’intérieur du peronismo. En fait, pendant cette année-là, Herminio participa à deux épisodes de tirs de balles. Au début de l’année, Herminio s’entremettait au milieu d’une dispute avec des membres d’une organisation peronista locale qui questionnait son appui à la gestion municipale du maire d’Avellaneda José Luis Otero (1971-1973). D’après son témoignage, il avait dû défendre le maire Otero en tirant pour lui protéger des agresseurs, même s’il n’a jamais expliqué le motif :

Otero era macanudo. Pero le quisieron pegar a los muchachos y me puse en el medio. Entonces, me dieron un tiro de nada. Yo también les tiré algo, no te vas a pensar…[1]

Mais l’événement le plus renommé de 1972 comptant sur Herminio comme un des principaux protagonistes a sans doute été celui du Congrès d’Avellaneda du 16 décembre. À ce moment-là, Herminio était déjà candidat à maire de sa ville et la veille on avait consacré la formule présidentielle du FREJULI Cámpora-Lima ; il fallait seulement voter les liste de candidats de la province de Buenos Aires, dont la candidature de gouverneur et vice gouverneur.

Ce faisant, l’intention de la conduction nationale du MP par rapport au Congrès d’Avellaneda était déjà claire. Il s’agissait d’empêcher la nomination de la formule soutenue par la majorité des délégués d’une assemblée contrôlée par les groupes véhiculés par les 62 Organisations et le Mouvement Fédéral répondant au riche propriétaire des champs Dr. Manuel de Anchorena, qui était lustement leur pré-candidat á gouverneur. Voici donc la tension créée ce jour-là dès l’arrivée du secrétaire général du MP Juan Manuel Abal Medina au salon du siège de l’UOM d’Avellaneda. Ensuite, une fois qu’Abal Medina demandait au nom du général Perón l’acceptation de la candidature Bidegain-Orsi pour les postes de gouverneur et vice gouverneur, les cris et les voix de protestations ne faisaient pas de doutes. Abal Medina pensait seulement à ce qu’il fallait faire pour s’en sortir au fur et à mesure que le climat se chargeait. C’est ainsi qu’il arriva de justesse à s’en sortir, mais une fois sur le trottoir les cris, les coups de pied et les bousculades devinrent des grands heurts et même s’il put par hasard s’échapper, ses collaborateurs durent subir une persécution en voiture de la part de leurs opposants à pleins tirs par les rues d’Avellaneda comme s’il s’agissait d’un film de gangsters de Chicago des années trente.

Il faut reconnaître qu’Herminio ne cessa jamais de reconnaître sa participation comme persécuteur des représentants de la conduction nationale du MP auprès du Crongrès du 16 décembre 1972. L’épisode n’allant pas au delà du niveau de l’aventure « romanesque », Herminio raconta le fait ponctuel bien qu’il n’ait pas expliqué le motif du conflit dont il était question. Par ailleurs, non seulement Herminio paraissait échapper à la moindre définition politique, mais encore, quelques jours après les faits, il publiait une déclaration par laquelle il s’éloignait de la candidature Anchorena-Guerrero, soutenue par son groupe dans le susdit Congrès, tout en respectant la décision du secrétariat général du MP d’intervenir la filiale de la province de Buenos Aires et de soutenir la formule provinciale Bidegain-Calabró :

No me une nada políticamente al doctor Anchorena, ni a los grupos o corrientes de opinión que hayan podido apoyarlo o aún lo hagan, ni tampoco juzgar su equivocación en la grandeza de nuestro movimiento; mi gran sentimiento y espíritu de lucha está volcado hacia el Frente de Liberación justicialista creado por nuestro General Perón.[2]  

À vrai dire, Herminio ne faisait que nier une relation politique que personne du peronismo de la province de Buenos Aires de cette époque oserait de le faire. Il faut se souvenir que le principal soutien national du Dr. Anchorena était José Rucci, le secrétaire général de la CGT et grand ami personnel et politique d’Herminio. Par rapport à sa relation avec le leader de la CGT à cette époque José Ignacio Rucci, Herminio disait :

Yo estaba con Rucci siempre. No tenía mucha relación con Perón. Me decía “Hola Herminio, ¿cómo le va?”, un día del balcón de la CGT me llamó, fue un orgullo. Sólo me quería porque yo estaba con su hijo José (Rucci).[3]

D’ailleurs, on verra qu’en 1987 Manuel d’Anchorena avec Heminio Iglesias et Manuel Lázaro Rocca -président de la Camera des Députés provinciales entre 1973 et 1975- seraient limogés les trois du parti pour présenter une liste électorale alternative à l’officielle d’Antonio Cafiero, le chef du peronismo provincial à cette époque. En fin, ça, c’est une autre histoire d’autre Argentine, après la défaite électorale du peronismo en 1983. Si l’on revient à l’année 1973, il faudra souligner la victoire aux urnes d’Herminio au mois de mars lorsqu’il obtenait 98.450 voix contre 33.121 du candidat radical Victorio Daste.[4]

Le 25 mai 1973 Herminio Iglesias commençait sa tâche comme maire d’Avellaneda et ce jour-là en mettait en fonction son équipe de gouvernement comprenant un ex syndicaliste comme secrétaire de Gouvernement, Evaristo Rodríguez Rial, un médecin lié à la police comme secrétaire d’Action Sociale, Dr. Hugo Barrionuevo, un ex collaborateur de l’ex maire Otero comme secrétaire de Travaux Publiques, Maître Mayeur d’œuvres Norberto A. Mella et finalement comme secrétaire du Trésor Publique le Cdor.  Alberto Rodriguez, un professionnel renommé d’Avellaneda. Alors, qu’est-ce que nous dit cette équipe de gouvernement ? En premier lieu, on doit signaler qu’il s’agissait d’un groupe solide de collaborateurs d’un point de vue professionnel. En deuxième lieu que l’appartenance politique à l’intérieure du peronismo correspondait à une claire ligne orthodoxe.[5]

Du discours inaugural d’Herminio au sein du Conseil Municipal il faut extraire une phrase qui paraissait anticiper ce qui serait la situation politique générale des années à venir. Ainsi le nouveau maire d’Avellaneda affirmait que « la tâche à réaliser est des forts et pas des faibles »[6]. Peut-être, fallait-il la prendre dans son sens littéral, si l’on tient compte que dès le début de la gestion les conflits et les affrontements, quelques fois avec des déploiements de violence armée, seront un dénominateur commun de ces années.

Au début du mois de juin une fusillade précéda une des premières séances du Conseil Municipal et l’Hôpital Fiorito fut intervenu par la mairie non sans une prise de contrôle du siège aux mains de présumés partisans du maire Iglesias faisant l’objet des titres des journaux régionaux dû au scandale suscité. Par ailleurs, il y a eu des soupçons d’une collaboration des maires d’Avellaneda, de Quilmes, José Rivela et  même d’Esteban Echeverría, Oscar Blanco, avec les éléments -y compris des mercenaires français liés à l’Organisation de l’Armée Secrète (issue de la guerre d’Algérie)- perpétrant la dénommée « massacre d’Ezeiza » du 20 juin 1973. Bien qu’Herminio le nie en prétextant avoir été hospitalisé suite à une attaque par balles à la sortie d’une maison de deuil, la reconstruction temporelle des faits montrent la lacune dont il est victime par rapport à ces faits. La fusillade dont il parle a eu lieu le 12 septembre 1973, presque trois mois plus tarde du massacre d’Ezeiza.[7]

A suivre


[1] “Reportaje inédito: La última entrevista a Herminio Iglesias” (en línea), http://albertomoya.blogspot.com/2009/09/primicia-de-tapa-en-veintitres-ver.html (Página consultada el 30/06/2011), p. 2.

[2] La Ciudad, Avellaneda, 12/01/1973, p. 1.

[3] “Herminio Iglesias. Justicialista y Trabajador” (en línea), en: Fundación Joven 2000…, p. 3.

[4] El Día, La Plata, 26/03/1973, p. 6.

[5] La Ciudad, Avellaneda, 29/05/1973, p. 1.

[6] La Ciudad, Avellaneda, 28/05/1973, p. 1.

[7] La Ciudad, Avellaneda, 18/06/1973, p. 1. ; 19/06/1973, p. 1; 13/09/1973, p. 1; Verbitsky, Horacio, Ezeiza, Buenos Aires, Contrapunto, 1985, passim; “Reportaje inédito: La última entrevista a Herminio Iglesias” (en línea), p. 2.

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