Ensayo histórico. Avellaneda: La sombra del último “caudillo” (IV de VI)

Essai historique

Avellaneda : L’ombre du dernier « caudillo » (IV de VI)

Damián Antúnez Harboure

Foto de Herminio Iglesias. Fuente blogsdelagente.com, 28/10/2008.

Foto de Herminio Iglesias. Fuente blogsdelagente.com, 28/10/2008.

 

Dictature, essor et chute

Herminio avait su se faufiler entre les trous des filets de la mort ce mercredi 12 septembre 1973. Aussi tout au long d’une période de presque trois ans à la tête de l’administration municipale découvre-t-on une maîtrise le permettant de s’adapter aux difficiles circonstances politique de l’époque. Heminio s’occupa autant du quotidien de sa fonction, c’est-à-dire, de la gestion des services municipaux, des travaux publics, des demandes ponctuelles des voisins, etc., que de la question politique à proprement parler. En ce domaine, il sut maintenir un juste équilibre, surtout à partir de 1975, entre le courrant « personnaliste » de la présidente Isabel Perón et le « non personnaliste » du gouverneur Calabró tout en conservant son orthodoxie peronista, propre d’un dirigeant issu de l’école de Vandor.

Une bonne partie des voisins d’Avellaneda, au-delà de leurs préférences politiques, reconnaissent la gestion d’Herminio à la tête de la Municipalité comme une administration aussi efficace que progressiste. En ce domaine, toujours qu’il a pu, Herminio a souligné qu’il fut félicité par les militaires lorsqu’ils constatèrent l’existence de 16 millions de dollars de résultat positif dans les comptes municipaux à la chute du gouvernement démocratique.[1]

Quoi qu’il en fût, la dictature issue du coup d’état de mars 1976 n’a pas non plus été condescendante à Avellaneda. L’épouse d’Herminio, Carmen Cadena, fut kidnappée par l’Armée et amenée au camp clandestin de détention appelé « le puits de Lomas » pendant quelques jours. Cette fois le châtiment des militaires fut dirigé contre son épouse contrairement aux années soixante quand les mains de la police atteignaient Herminio comme c’est le cas de cet épisode de la fin de cette décennie :

“Escapé por los techos; salté y caí sobre unas chapas de gallinero; medio hundido. Me quité el reloj, uno de oro con eslabones así de grandes, regalo de (José) Rucci. Preferí tirarlo. Me llevaron a la Brigada de Quilmes, donde estaba el comisario (Manuel) Polo, el que, de un patadón, había hecho abortar a una mujer. En una piecita, me dieron máquina. Preguntaban por cosas de acá; por alguna gente. Bajaban unos cables del techito y me daban. Varios días. Hasta que me pasaron a la comisaría. Nunca me pasó algo así. Nunca.”[2]

En peu de mots, la situation de la famille Iglesias pendant la dictature ne fut pas commode. À la détention de son épouse s’ajoutaient certains interrogatoires auprès des autorités policières, des enquêtes sur la gestion municipale et toute une sorte de difficultés qui leur empêchaient d’organiser la vie familière. À cette époque-là, sa condition de métallurgique n’était qu’un souvenir du passé si bien qu’il a dû entreprendre des activités commerciales. En tout état de cause, l’activité politique, quoique clandestine, continuait par d’autres moyens. Les réunions sécrètes, les contacts pour aider les camarades en situations difficiles se succédaient. En particulier, en 1979 Herminio jouera un rôle central lors de l’arrivée de la mission de Droits Humaines de l’Organisation d’États Américaines (OEA) en signant avec le vice président premier du MP Deolindo Felipe Bittel une plaidoirie sur la situation des prisonniers politiques en Argentine. Une attitude qui a été reconnue par tout le spectre politique tel qu’on peu le capter moyennant cette déclaration d’un dirigeant socialiste comme D. Victor García Costa :

“Fue un luchador muy valiente en la provincia de Buenos Aires durante la dictadura de Onganía. También recuerdo un episodio durante la dictadura instaurada en 1976. Nos habíamos reunido unos pocos en la Confitería del Molino para firmar un documento de escasas cuatro líneas reclamando por los desaparecidos, que yo debía llevar para la firma del doctor Balbín. Cuando estábamos en esa tarea llegó un dirigente político tucumano y nos dijo que por conversaciones que había tenido hacía pocas horas, la firma de ese documento podía traernos serios problemas personales por la reacción de la dictadura. Herminio, casi como una réplica a la advertencia, preguntó: ¿Dónde hay que firmar? Y estampó su firma.”[3]

La transition à la démocratie débutant après la défaite de la guerre de Malouines du 10 juin 1982 trouvait un peronismo sans une conduction claire et reconnue et fractionné en diverses lignes internes, dont les toutes puissantes 62 Organisations seraient celles qui allaient s’imposer. Il s’agissait donc d’un point de départ très favorable aux aspirations d’Herminio pour se mettre en tête du peronisme provincial. Outre sa condition de dirigent des 62, il faut reconnaître qu’Herminio venait de marcher la province pendant les dernières années de la dictature, ce qui lui avait donné une popularité palpable pour être le candidat à gouverneur de Buenos Aires.

Or, il n’était pas le seul candidat à la première magistrature de la province -il y en avait d’autres comme Lázaro Rocca, Alejandro Romero (ex ministre d’Éducation du gouverneur Calabró), René Orsi ou même un Antonio Cafiero qui cherchait se postuler une fois écartées ses chances pour la candidature présidentielle- mais, comme Barceló en 1939/40 personne ne serait vraiment en conditions d’empêcher sa postulation. Ainsi, tout était une question de temps et l’élection interne pour former le Conseil Provincial du 14 août 1983 lui donna la majorité des délégués entre protestations et dénonciations à la justice pour fraude.

Quoi qu’il en soit, cela lui facilita l’accès à la présidence du Conseil Provincial du Peronismo de la province de Buenos Aires. Alors, le Congrès du 25 août, aussi plein de dénonciations de fraude, surtout de la part du Mouvement d’Union, Solidarité et Organisation (MUSO) d’Antonio Cafiero, lui proclama candidat à gouverneur de la première province argentine avec le dirigeant de La Plata et ancien député national (1973-1976) D. José Carmelo Amerise comme vice gouverneur.[4]

Une fois candidat, l’histoire est bien connue. La campagne électorale en tant que telle dura à peine deux mois, mais cette période fut suffisante pour que ses opposants de l’UCR et presque tout le spectre des médias s’emparent de sa figure politique pour construire le signifiant d’une politique périmée. Autrement dit, non seulement la biographie politique d’Herminio contribuait à cette construction mais encore l’esthétique même de ses discours rappelant les années des affrontements « inter peronista » de 1973-76. Les anecdotes de ses discours, dont les extraits comme « conmigo o sinmigo » ou « on travaillera 24 heures sur 24 et même la nuit », passeraient à la gloire.

Or, le fait symbolique de brûler un cercueil contenant les sigles de l’UCR pendant l’acte de fermeture de campagne en plein obélisque le 28 octobre 1983 n’avait été que la fraise de la tarte de ce signifiant d’un passé qui non seulement était rejeté mais aussi serait associé directement, dès la nuit du 30 octobre, à la défaite de ce peronismo aux urnes ; une défaite se produisant pour la première fois dans un contexte d’élections libres dès la naissance du peronismo en 1945. Tout un symbole d’une épopée qui arrivait à condenser l’ensemble d’une défaite à multiples causes dans une seule personne étant en même temps son signifiant, Herminio Iglesias. En définitive, celui dont on parle, c’est celui qui avait obtenu le 39,73% des voix comme candidat à gouverneur contre le 51,98% du candidat vainqueur, le radical Dr. Alejandro Arméndariz et qui n’avait même pas remporté l’élection de son fief, Avellaneda. Le candidat peronista de sa ville natale, Jorge Luis Argento, avait récolté seulement 68.256 voix contre 91.343 voix du vainqueur Luis Raúl Sagol. En bref, une défaite sans palliatif.[5]

A suivre

 
 
Référence : La photo de Herminio a été enlevée du site Web blogsdelagente.com http://blogsdelagente.com/1983/2008/10/28/el-dia-herminio-iglesias-quemo-cajon/comment-page-1/ le 28 octobre 2008.

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[1] “Reportaje inédito: La última entrevista a Herminio Iglesias” (en línea) http://albertomoya.blogspot.com/2009/09/primicia-de-tapa-en-veintitres-ver.html (Página consultada el 30/06/2011) , p. 2.

[2] “Reportaje inédito: La última entrevista a Herminio Iglesias” (en línea) http://albertomoya.blogspot.com/2009/09/primicia-de-tapa-en-veintitres-ver.html (Página consultada el 30/06/2011), p. 1.

[3] “Herminio Iglesias-RIP” (en línea), http://www.reconstruccion2005.com.ar/phprinthr.php (Página Web consultada el 30/06/2012), p. 2.

[4] La Nación, 16/08/1983, p. 6; 28/08/1983, pp. 1 y 16.

[5] La Ciudad, Avellaneda, 28/10/1983, pp. 1-3; “Junta Electoral de la provincia de Buenos Aires” (en línea), http://www.juntaelectoral.gba.gov.ar/elechisto/resultados/ (Página Web consultada el 07/08/2012).

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