Ensayo histórico. Avellaneda: La sombra del último “caudillo” (V de VI)

Essai historique

Avellaneda : L’ombre du dernier « caudillo » (V de VI)

Damián Antúnez Harboure

Herminio Iglesias. Fuente: www.taringa.net

Le lendemain : le long chemin du purgatoire 

C’est curieux chez les politiciens les cas de ceux qui partent au « purgatoire » sans avoir traversé la barrière de la mort, au moins de la mort physique. Il faut le dire, ça fut la situation politique d’Herminio dès le lendemain de la défaite électoral du 30 octobre 1983. Il est vrai que pendant les deux premières années de la nouvelle démocratie Herminio conservait encore son siège dans un peronismo divisé de fait ou de droit comme secrétaire général au niveau national entre 1984 et 1985, mais il s’agissait des dernières positions d’une carrière en plein déclin. Ni la impuissance des rénovateurs du « Congrès de Río Hondo » pour écarter les orthodoxes de la conduction du parti ni le soutien du suivant conclave de « Santa Rosa (La Pampa) » -tout les deux pendant 1985- arrivèrent à empêcher sa sortie des « ligues majeures » de la politique nationale et même du peronisme tout court.

On peut dire que les élections législatives du 3 novembre 1985 confirmèrent la défaite définitive d’Herminio au sein d’une candidature nationale du justicialismo ; à ce moment-là, d’une des deux branches se présentant aux urnes, celle du « Frente Justicialista de Liberación (FREJULI) ». Dans la province de Buenos Aires la liste de députés avec Herminio en tête obtient le 9,80% des voix contre le 26,98% de son opposant interne Antonio Cafiero se présentant sous les sigles « Frente Renovador Justicia, Democracia y Participación (FREJUDEPA) ». En d’autre termes et bien que l’UCR remporte l’élection avec le 41,46% des voix, pour les peronistas la valeur de cette rencontre avec les urnes ne fut que une dispute interne à tout ou rien. Et ce résultat n’aurait que confirmer la disparition presque totale du secteur d’Herminio -de plus en plus réduit- aussi bien du peronismo provincial que national. Puis, dès qu’il décida soutenir avec Manuel de Anchorena et Manuel Lázaro Rocca une liste au-dehors du Parti Justicialista répondant à Antonio Cafiero pour les élections du 6 septembre 1987, il fut puni avec l’expulsion par le tribunal de discipline partisan et n’y retournera jamais.[1]

Une fois achevée son mandat de député national en 1989, un poste qui paressait l’ennuyer, la décennie « menemiste » le rencontrera comme édile d’Avellaneda. Cela a eu lieu après s’être présenté aux élections de 1991 et 1995 par le biais d’un groupe politique locale. Il s’agissait de la retraite politique de celui qui avait su être un leader politique issu de cette Avellaneda syndicaliste des années soixante en prenant le siège laissé libre par Don Alberto Barceló aux premières années quarante. Comme celui-ci, Herminio verra passer ses dernières années entre des problèmes de santé -dans son cas, des problèmes cardiaques- et l’abandonne et l’indifférence de ses anciens camarades. Tel que Don Alberto, Herminio voyait comment s’approchait la fin de ses jours sans bien comprendre le « pourquoi » de cette situation d’ostracisme politique à laquelle il avait dû s’adapter.

Pendant les dernières années les interviews et les présentations publiques deviennent rares ; pourtant, il n’y en a pas eu une où il n’a pas pu éviter de répondre autant sur ses phrases polémiques que, bien entendu, sur la question du célèbre cercueil. Au fond, aussi bien que Don Alberto n’avait jamais pu comprendre pourquoi lui avait été interdit son accès à la tête du gouvernement provincial en mars 1940, Herminio n’acceptait point le rôle que, apparemment, l’histoire lui avait réservé à partir de la susdite brûlure du cercueil ; le signifiant par excellence de la défaite, pas seulement provinciale, mais surtout nationale d’octobre 1983. Si quelques jours auparavant de cet acte de fermeture de campagne, malgré les enquêtes d’opinion, tout semblait fonctionner à la perfection, compte tenu sa condition de leader populaire d’une orthodoxie peronista qui avait su être imbattable dans la banlieue de Buenos Aires moyennant une campagne qui au rythme de ce « jingle » à succès rappelant ses conditions de « justicialista y trabajador » enchantait les masses : pourquoi cette défaite écrasante ? Et plus encore, pourquoi le processus politique de l’époque l’avait choisi comme le signifiant d’un passé irréversible ? Herminio n’arriva jamais à trouver une explication vraiment convaincante. En tout cas, il à peine esquissa certains soupçons:

“Yo no, no, no fui ahí, bueno, a mi me querían hacer perder… yo no fumo. Yo me di vuelta y unos cuantos compañeros… mirá empezaron a izar… Aparecieron por todos lados encendedores. Fue todo preparado. Pero que el cajón no llegó, el cajón estaba por abajo y la coronita estaba arriba. Y se quemó la corona.”[2]

Ce n’était pas la première fois que dans un acte peronista on brûlait un cercueil contenant les sigles de certain ennemi politique, c’est vrai ; mais en octobre 1983 dans l’avenue 9 Juillet ça n’était pas possible. Il n’y en a aucun doute. Ç’avait été la fin, la fin de sa carrière politique, mais pas d’une « façon d’agir en politique » tel qu’on le croyait. On verrait de tout et partout en ce domaine.

Même si la mort apporte quelque chose de piété ou de purification aux êtres humains, on a pu observer aussi bien dans le cas de Don Alberto que dans celui d’Herminio au déclin de leurs vies une sincère reconnaissance de la part de ses opposants politiques ou de ses critiques historiques. Une preuve de cela on la trouve à la mort de Don Alberto quand son opposant interne, le « morenista » Dr. Vicente Solano Lima, prononçait les mots suivants : « La sombra del último caudillo ha velado con su tristeza el sol de Avellaneda… »[3]. Or, on ne peut pas parler du « dernier caudillo ». Avellaneda sut donner un autre, d’une autre époque et d’autres manières ; peronista et syndicaliste pour souligner les deux mots qui caractérisaient notamment la personnalité politique d’Herminio Iglesias. Ainsi, lorsqu’il succombait avec 77 ans le 16 février 2007 à une affection cardiaque qu’il traînait depuis longtemps, un des ses critiques politiques, tel que le socialiste Víctor García Costa, faisait référence à la figure d’Herminio en soulignant ce qui était même indissociable de ce politique peronista d’Avellaneda :

“Era un hombre de acción, de lo que tenía diversas huellas en su cuerpo, producidas por tajeadas y balazos. Lo traté en muchas reuniones políticas y me encontré con él varias veces en un local de la calle México donde solía jugar al billar y si bien es cierto que se lo ha criticado con dureza, debo decir que fue un dirigente con códigos y que su palabra tenía más valor de compromiso que el de muchos dirigentes políticos que he conocido.”[4]

Peut-être, faudra-t-il retenir cette caractérisation pour se rendre compte qu’en Herminio habitait non seulement une politique de force, de noir ou blanc ou de pistolets si vous voulez, mais aussi une procédure politique loyale, de parole… Il faudrait y penser.

 

Référence : La photo de Herminio a été enlevée du site Web taringa.net http://www.taringa.net/posts/info/1510083/100-frases-de-politicos-argentinos.html le 23 février 2014.


[1] “Junta Electoral de la provincia de Buenos Aires” (en línea), http://www.juntaelectoral.gba.gov.ar/elechisto/resultados/ (Página Web consultada el 07/08/2012); Viau, Susana, “Murió Herminio, el del cajón” (en línea), op. cit.

[2] Vídeo “Especial a 25 años de la vuelta de la democracia”, Buenos Aires, 2008.

[3] La Opinión, Avellaneda, 15/11/1946, p.1.

[4] “Herminio Iglesias-RIP” (en línea), op. cit., p. 2.

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