Ensayo histórico. Avellaneda: la sombra del último “caudillo” (VI de VI)

Essai historique

Avellaneda : L’ombre du dernier « caudillo » (VI de VI)

Damián Antúnez Harboure

Une Rétrospective dans le parallélisme Barceló-Herminio : la même faute d’un coin à l’autre de l’histoire ?

Il y a des différences et des ressemblances notables entre les cas de Barceló et d’Herminio qui nous invitent à établir un parallélisme. En ce qui concernent les premières on peut énumérer quelques-unes d’entre elles bien évidentes. Barceló sut construire une figure politique de « caudillo » urbain mélangeant ce qui serait constitutif du nouveaux du paternalisme des dirigeants politiques des banlieues et ce composant traditionnel issu de l’ancien « patron » rural du XIXe siècle. Barceló habitait un « petit palais » face à la place Alsina et s’habillait avec recherche, y compris des redingotes, des jaquettes ou de fins costumes, selon l’occasion ; Herminio, habitait dans une maison sans glamour du quartier Piñeyro et s’habillait comme n’importe quel voisin d’Avellaneda. Barceló présumait de côtoyer la haute société de l’époque ; ça veut dire, de grands politiciens et des ministres avec leurs épouses et même le président Justo fréquentait ses soirées. Par contre, Herminio était fière de se présenter comme un disciple du syndicaliste Augusto Vandor -le « plus grand » après le général Perón, à son sens- et comme un grand ami de Beto Imbelloni, de José Rucci, de Miguelito Di Maio, etc. Bien sûr, rien à voir avec les habitués de chez Barceló tels que les docteurs Solá, Groppo, ou bien les messieurs Salas Chaves, Miguens, Molinari, etc…

Tout cela, c’est indiscutable… En revanche, il y a aussi un côté plus sombre chez Barceló lié aux figures de son frère « le manchot » Barceló, homme d’affaires en ce qui concerne le jeu et la prostitution à Avellaneda, le célèbre rufian Juan Ruggiero ou « Ruggerito », le commissaire Don Esteban Habiague, etc. Ça n’était pas tellement différent du monde de Rosendo, Imbelloni, Guerrero, etc. composant le tableau politique et social d’Herminio. Mais, si l’on peut rapprocher un monde de l’autre en cet aspect, c’est encore plus approprié faire référence aux ressemblances fonctionnelles de leurs contextes et leurs rôles politiques.

Aussi bien Barceló dans le monde du conservatisme de Buenos Aires des années trente qu’Herminio dans celui des décennies soixante et soixante-dix, chacun dans à son époque, jouent un rôle claire comme des pièces d’un engin de contrôle d’un certain « désordre ». En d’autres mots, les deux doivent gérer un certain désordre social et politique en mouvant certaines ficelles du pouvoir locale pour réussir. Voilà donc l’Avellaneda des années trente quarante et celle des années soixante soixante-dix. Les cas célèbres de l’assassinat de Ruggerito en 1933 ou de la fusillade de la Pizzeria la Real en 1966 en reviennent à l’instant.

En ce qui concerne les rôles fonctionnels à proprement parler des personnages en question, il faut dire aussi quelque chose. Le « Barceló » des années trente s’était érigé comme un pilier insubstituable de la « machine conservatrice » pour se maintenir au pouvoir, non seulement au niveau provincial mais aussi au niveau national. Alors, Barceló traversait deux générations de conservateurs -celle qui se remontait à la troupe du Dr. Marcelino Ugarte pendant les premières décennies du siècle et celle des années trente- si bien qu’il ne voyait point la nécessité d’opérer un changement modernisateur comme celui prôné par Moreno et Lima au début des années trente. De la même manière, Herminio avait traversait sa jeunesse au sein du premier peronismo et de la première résistance après 1955 pour s’emparer de son petit fief d’Avellaneda suite à l’arrivée de la démocratie en 1973, tandis qu’il ne comprenait ni le sens de ce qu’on appelait le changement générationnelle ni, moins encore, de ce qui proposait la Tendance Révolutionnaire par rapport au « socialisme national ».

Finalement, il nous reste signaler un dernier point de contact en matière de conception du rôle de la politique. Barceló ne concevait son parti Conservateur qu’en faisant partie d’un monde politique statique, éternel, où les conservateurs représentaient les héritiers naturels de cette Argentine à succès construite par leurs aïeux, que ses opposants radicaux s’appliquaient à nier. A son tour, le peronismo d’Herminio n’était qu’un mouvement profondément national et chrétien, ne présentant aucun lien avec ce « socialisme national » de la Tendance Révolutionnaire. Ainsi, il n’y avait pas besoin de lire Hernández Arregui, José María Rosa et moins encore ces théoriciens marxistes étrangers. Ainsi, on arrive à ce monde où ce mélange du paternalisme politique et violence « bien gérée » remplace à n’importe quelle préoccupation idéologique ou théorique.

En tout état de cause, ça ne veut pas dire non plus que la préoccupation sociale n’existe pas en eux. Pas du tout. C’est un autre « monde politique » ; ce sont d’autres « pratiques politiques » dont on parle. C’est le terrain des « hommes d’action » et du « terroir » ; ces hommes qui, à sa façon, ont laissé une trace dans la politique provinciale et nationale. Il faut insister sur ce que le socialiste Víctor García Costa appela, pour tracer le portrait d’Herminio, une politique avec des codes, une politique de parole, où celle-ci était quelque chose de sérieux[1]. En définitive, une façon de se débrouiller en politique qu’on la trouvait aussi chez Barceló. Et même si l’un et l’autre n’échappaient pas à cette traditionnelle politique des arrangements de coupoles, ça n’empêchait pas que cette parole ait été leur meilleur atout dans leurs vies politiques.

[1] “Herminio Iglesias-RIP” (en línea), http://www.reconstruccion2005.com.ar/phprinthr.php (Página Web consultada el 30/06/2012), p. 2.

 

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