Ensayo histórico. Avellaneda: La sombra del último “caudillo” (II de VI)

Essai historique

Avellaneda : L’ombre du dernier « caudillo » (II)

Damián Antúnez Harboure

Diario de Cuyo,17/2/2007, Enlace: http://www.diariodecuyo.com.ar/home/new_noticia.php?noticia_id=206426

Diario de Cuyo,17/2/2007.

Herminio d’après Herminio : premiers pas…

Si l’on fait l’exercice de mettre en rapport l’Avellaneda de Don Alberto au zénith de sa carrière politique vers 1942 -lorsqu’il avait été nommé sénateur pour la province de Buenos Aires- et celle d’Herminio en 1983 au sommet de sa trajectoire comme candidat à gouverneur, on découvre une coïncidence attirant notre attention : le métier figurant dans leurs fiches de recensement électoral n’était que celui « d’entrepreneur » pour le cas du conservateur et de « marchand » pour  le dirigent peronista Herminio Iglesias. En d’autres termes, ces noms de métiers n’étaient qu’un euphémisme utilisé pour cacher le vide professionnel de deux hommes consacrés entièrement à l’activité politique. A vrai dire, il s’agit d’un « vide professionnel » qui ne l’est point si on tient compte que les métiers dont on parle sont simplement ceux du moderne « dirigent politique ».

On dirait, un métier de politicien, mais pas comme les autres. Si Don Alberto trouvait difficile d’expliquer quel était vraiment l’objet social de ses entreprises, Herminio n’attirait non plus à préciser auxquels affaires on faisait référence quand il se présentait comme « marchand ». Ainsi, il faudra entamer un travail de « déconstruction » pour extraire des éléments permettant de nous rapprocher des premiers pas de sa carrière politique.

Heminio, issu d’une famille d’immigrés galiciens (de la province espagnole d’Ourense) installée à Avellaneda depuis son arrivée au pays, éprouva ce que c’était la pauvreté pendant les années trente.[1] Sous l’emprise des besoins familiaux, le jeune Herminio à peine compléta ses études primaires en faisant les derniers cours la nuit tandis qu’il travaillait, au début dans des usines de semelles et après dans une autre d’huile. Ça s’est passé pendant deux années puisqu’aux treize ans il s’est incorporé à une grande entreprise : Siam Di-Tella, dont les ateliers se trouvaient dans le quartier de « Villa Castellino », le petit fief d’Herminio.

À vrai dire, c’est à partir de là que la vie d’Herminio prendra le chemin qui l’amènera au monde syndical. On est justement en 1942, l’année où l’opposant conservateur de Don Alberto Barceló, Dr. Rodolfo Moreno, essayait la mise en œuvre d’un gouvernement provincial visant aussi bien le renouvellement démocratique pour s’en sortir du « piège choisi » de la fraude électorale que la question ouvrière par la voie du dialogue avec les organisations syndicales. Mais, ce sera une expérience avortée deux mois avant la Révolution du 4 juin 1943 renversant du pouvoir le président de la République Dr. Ramón S. Castillo. Comme si l’histoire n’autorisait aucune expérience de peronismo « avant la lettre » ainsi le plus facho gouverneur Fresco en 1940 que le plus libéral réformiste Moreno en 1943 échouaient lorsqu’ils tentaient d’arriver à la présidence en proposant quelque chose de nouveau face au cul-de-sac des arrangements politiques de la dénommée « Concordancia ».

Ainsi, la journée historique du 17 octobre 1945 rencontra Herminio comme un jeune homme parmi les milliers de travailleurs de la périphérie de Buenos Aires qui poussait pour que le Colonel Perón revienne au centre de la scène politique après avoir été fait prisonnier par le gouvernement militaire du président Edelmiro Farrel. D’après son témoignage, tout s’est passé comme ça :

A los quince años comenzamos a trabajar en el peronismo ; acá muy cerca, a siete u ocho cuadras está el Riachuelo, que cruzaban los trabajadores de Thamet de Avellaneda, de Lanas de Quilmes, en bote. Iba un bote y venía el otro lleno de gente; así llegó el 17 de Octubre. A nosotros nos levantaron el Puente Alsina, el puente en Barracas y cruzamos a nado y trajimos todos los botes para acá. Ahí comenzó a pasar la gente de Thamet, todos… porque había miles y miles. Fuimos a Plaza de Mayo. Ahí empezó nuestra carrera. Después, ya no se si es conveniente decir qué es lo que hicimos porque después formamos con Rucci (yo era muy unido a él); y comenzamos a formar la resistencia con Vandor, Rucci, Andrés Framini y unos cuantos más. Trabajamos y comenzamos a viajar a España.[2]
 

En fin de compte, ce n’est pas un mauvais résumé. Tout avait commençait ce 17 octobre 1945 avec le succès politique des travailleurs se disant dorénavant peronistas. En fait, en 1950 dans le plein essor de l’Argentine peronista -plus précisément « l’année du Général San Martin »- le jeune Iglesias était élu délégué du personnel chez Siam Di Tella. Le voici donc lancé au volant d’un véhicule le conduisant à un certain statut comme dirigeant syndical chez la puissante Union Ouvrière Métallurgique (UOM) filiale Avellaneda. Alors bien, tel qu’on le disait, cette course s’arrêta au moment où l’auto dénommée « Révolution Libératrice » arrachait toute trace, toute empreinte du « régime tombé », pour s’adapter aux nouvelles circonstances issues de ce qu’on allait être connu comme la « résistance ».

Pour aborder cette période, il faudra prêter attention au témoignage cité quand Herminio souligne des noms de résistantes comme ceux de Vandor, Rucci ou celui de qui, vingt ans plus tard, sera signalé par sa prise de position en faveur de la ligne gauche du Mouvement Peronista, la « Tendance Révolutionnaire du Peronismo ». On est tenté de penser que cette résistance est quelque chose de différente à ce que même à cette époque-là on appelait « la bureaucratie syndicale », mais une chose n’exclut nécessairement pas l’autre et même pendant les premières années de cette résistance. D’ailleurs, les métallurgiques Herminio, Vandor et Rucci n’étaient pas du tout moins résistants que le textile Andrés Framini, frustré gouverneur de Buenos Aires en 1962 et considéré par la plupart des récits historiques du mouvement ouvrier argentin comme l’un des principaux dirigeants syndicaux combatifs de sa génération.

Il est certain que ce qu’on a appelé « l’époque de la résistance » peut la reconnaître comme la somme de deux périodes ; c’est-à-dire, une « première résistance » plus improvisée ou, si vous voulez, plus romantique, qui s’éloigne jusqu’au conflit ouvrier du frigorifique national Lisandro De la Torre en 1959 et la mise en œuvre de la politique répressive qu’en découle par le gouvernement du président Frondizi, connu comme « Plan CONINTES », en 1960/61 et une deuxième qui se perd dans les années soixante pour déboucher dans les actions des nouvelles organisations « guerrilleras » de la fin de la décennie. C’est pourquoi il faut prendre en compte que la résistance dont Herminio parle et à laquelle il appartient est plutôt la première, celle qui a forgé à feu le pouvoir des syndicats comme tranchée derrière laquelle commençait à se rassembler les différents morceaux du Mouvement Peronista, voire les « jeunesses peronistas » avant la lettre.

Alors, la ville industrielle d’Avellaneda sera un de bunkers de cette résistance et le syndicat métallurgique, l’UOM, son mot de passe. En d’autres termes, on arrive aux élections pour élire le gouverner de Buenos Aires en mars 1962 avec une candidature peronista déguisée sous le nom d’Union Populaire proposant la candidature à la première magistrature de la province du syndicaliste résistante Andrés Framini. Une candidature qui remporta l’élection tant que ce succès sera la cause de son annulation et la plateforme choisie pour mettre en oeuvre le coup d’État qui renversa du pouvoir le président Frondizi le 29 mars 1962.

Ce faux-pas, si tant est qu’on puisse en parler, ne fera pas du mal aux « 62 Organisations », voire l’UOM. En fait, le premier quinquennat de la décennie ne sera que « l’avant première » du royauté d’Augusto Vandor, le loup, car une fois renversé du pouvoir le gouvernement du président radical Arturo Illia en 1966 par un nouveau coup d’état, le numéro un des métallurgiques connaîtra son essor de la main du régime de la auto dénommée « Révolution Argentine ». Mais, en ce qui concerne Herminio, sa figure a connu un certain élan pendant les années ‘65/66 lorsque son ami Rosendo García, se profilait comme le numéro un des métallurgiques d’Avellaneda en tant que dirigeant de pleine confiance d’Augusto Vandor, depuis son fief de Siam Di-Tella.

Ainsi, l’essor de Rosendo chez Siam agit comme un élan indiscutable pour la construction depuis sa base politique d’Avellaneda d’un peronismo provincial ancré dans la banlieue sud de Buenos Aires, tout à fait lié à la structure de l’UOM et des 62. Il s’agissait aussi du centre de travail et du domaine syndical d’Herminio et de son group politique. Bien qu’elles soient plus ou moins vraies les histoires qui racontent qu’Herminio faisait de chauffeur de Rosendo ou celles qui font référence à celui-ci comme « un homme se rapportant à Herminio », il n’y a pas de doutes de la proximité entre leurs intérêts politiques.

Quelques suggestions que l’on ait pu exister auprès de la relation politique entre Herminio Iglesias et un dirigeant comme Rosendo García, qui se profilait au début de 1966 comme l’un des plus probables candidats peronistas à gouverneur de Buenos Aires, tout cela a été effacé par le dossier de la mort de Rosendo suite à la fusillade ayant lieu dans la Pizzeria La Real le 13 mai 1966, à quelques jours du renversement du président Illia par le coup militaire qui amènera au pouvoir le général Onganía. En tout état de cause, après une brève mention à ses camarades de Siam Di Tella, Herminio racontait l’épisode de la mort de Rosendo moyennant un « petit changement » scénographique :

En Avellaneda, en Di Tella, primero estuvo Puricheli, después Rosendo García (que lo pusimos nosotros), después llegó Guerrero y unos cuantos más, la organización la formábamos nosotros.
Rosendo murió en un tiroteo en La Plata (sic).
… 
La muerte de Rosendo surgió en un momento de discusión en una confitería. Estábamos hablando y “un loquito” se metió y lo mató.[3] 
   

Herminio réadaptait la mort de Rosendo en s’incluant dans le groupe de la Pizzeria La Real, laquelle dans sa version ne se trouvait pas à Avellaneda sinon à La Plata, ce qui est tout à fait éloigné de la version réelle des faits, tel que Rodolfo Walsh les a reconstruits d’après le dossier judiciaire.[4] Or, il faut signaler que l’un des dirigeants participant de la table de Vandor pendant les affrontements était un homme très proche d’Herminio, son camarade, le syndicaliste métallurgique Norberto Imbelloni. Voici donc le lien qui menait Herminio aux événements de La Real par le biais de son alter ego Beto Imbelloni et que, en même temps, agirait comme une chance d’occuper le siège du défunt ami et camarade.

Pour en revenir à la situation politique, il faut souligner que la mort de Rosendo trouvait Herminio -qui à cette époque sortait de justesse indemne d’un accident de voiture dans l’autoroute Ricchieri- en pleine syntonie avec Auguste Vandor, le factotum du syndicalisme peronista qui avait déjà dévoilé son jeu politique d’un « peronismo sans Perón ». D’ici la fin de la décennie, Herminio verra comment se consolidait sa structure politique à Avellaneda -la courrant « 30 Juin »- à l’ombre du pouvoir de l’UOM et des 62 Organisations, alors que l’assassinat de Vandor en 1969 par un groupe auto dénommé Mouvement National Révolutionnaire -un pseudonyme d’un des groupes armés de l’espace de la « Tendance Révolutionnaire du Peronismo», Descamisados– ne fut pas un obstacle dans sa carrière politique.[5]

 à suivre

[1] Herminio Iglesias naquit à Avellaneda le 20 octobre 1929. Voir : Viau, Susana, “Murió Herminio, el del cajón” (en línea), http://www.pagina12.com.ar/imprimir/diario/elpais/1-80543-2007-02-17.html (Página Web consultada el 30/06/2011).

[2] “Herminio Iglesias. Justicialista y Trabajador” (en línea), en: Fundación Joven 2000, http://www.fj2000.org/upload/docs/Herminio%20Iglesias.pdf (Página web consultada el 26 de julio de 2012), p. 1.

[3] “Herminio Iglesias. Justicialista y Trabajador” (en línea), en: Fundación Joven 2000…, p. 2.

[4] Walsh, Rodolfo, ¿Quién mató a Rosendo?, Zaragoza, 451 Editores, 2010, passim.

[5] La Ciudad, Avellaneda, 01/03/1973, p. 1.

Référence : La photo de Herminio a été enlevée du site Web Diario de Cuyo http://www.diariodecuyo.com.ar/home/new_noticia.php?noticia_id=206426 le 19 août 2013.

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Ensayo histórico. Avellaneda: La sombra del último “caudillo” (I de VI)

Essai historique

Avellaneda : L’ombre du dernier « caudillo » (I)

Damián Antúnez Harboure

Puente Pueyrredón_AvellanedaIl y en a qui ont été spécialement châtie par l’histoire et tant pis si ceux-ci appartiennent à la « Chicago argentine », c’est-à-dire, à Avellaneda ; ce faubourg industriel délimitant la frontière sud entre la capital fédérale et la province de Buenos Aires qui avait adopté ce nom au début du XXe siècle en substitution de l’ancien « Barracas al Sud ». Même cette ancienne dénomination remarque la question géographique. On traverse le Riachuelo sur le pont Pueyrredón, on suit l’Avenue Mitre et c’est une autre scène qui se dresse en mélangeant des odeurs issus aussi bien des détruits de toute sorte entassés aux rives du fleuve que des cheminées des industries chimiques, métallurgiques, textiles ou bien de grands frigorifiques, s’ajoutant à des images des ateliers, de petites usines ou d’un commerce frénétique où tout s’achète et tout est à vendre au milieu des gens qui bougent sans cesse… tout en faisant partie d’une mélodie presque harmonieuse des bruits propres d’une ville qui ne repose jamais.

Ce à quoi tient cette Avellaneda traversant l’Argentine du Centenaire ainsi que celle bouleversée par l’ouragan du peronisme quatre décennies plus tard, c’est à accueillir la figure du « caudillo » urbain, un produit issu de son prédécesseur rural mais plus controversé et en même temps plus complexe… En ce domaine-là, Avellaneda a vu régner pendant trois quarts de siècle sur son terroir et ailleurs deux grands « caudillos » urbains appartenant à des périodes de l’histoire argentine apparemment sans solution de continuité entre elles.  En tout état de cause, il faut le souligner, dans les deux cas l’histoire a été spécialement dure avec eux.

D’abord, le cas de Don Alberto Barceló (1873-1946) a été stigmatisé au point de faire parvenir en lui tout ce que l’histoire a comme détruits et qu’il faut les déposer sur quelqu’un qui soit aussi convenable que croyable pour se charger de la besogne. Le « maître d’Avellaneda », leadership des conservateurs provinciaux mais fortement contesté par le référent du secteur libéral du Parti Conservateur de Buenos Aires, Dr. Rodolfo Moreno, a été largement associé à l’industrie de la fraude électorale, aux financement illégal de l’activité politique par le biais de la prostitution et du jeu clandestin ou, en tant que maire éternel de sa ville, par celui des faveurs personnels par rapport à l’installation des industries, des ateliers, des magasins, etc. Tout cela, sans oublier sa maîtrise de la question de la violence, indissociable des activités précédentes. Alors, jeu, prostitution, faveurs, paternalisme social, violence…, tout est à la portée de la main d’une histoire qui reste tranquille en pensant que ce dont nous disposons, c’est d’une poubelle cumulant ce que ne peut être dispersé ailleurs. Si les vertus du processus démocratique s’ouvrant en 1912 étaient plutôt concentrées dans les endroits plus instruits d’un pays en train de modernisation, c’était normal que le côté inavouable soit mis outre le grand égout de la ville cosmopolite de Buenos Aires.

Cela va sans dire que Don Alberto Barceló se montra imbattable en ce qui concerne les préférences des électeurs même pendant l’essor du radicalisme quand en 1924 remporte les élections locales en Avellaneda et celui-ci est élu maire de sa ville natale jusqu’au coup d’état de 1930.[1] Ainsi, peut-on ajouter que la division du Parti Conservateur en 1923 facilitant le plein domaine radical de la première province du pays est devenue après un accord sous table concernant les hommes de Barceló à l’Assemblée provinciale et le gouvernement radical du gouverneur Cantilo. Mais, il vaut mieux oublier tout cela.[2]

Ensuite, l’étoile politique de Barceló s’achevait définitivement avec la Révolution du 4 juin 1943 alors que la fin de sa propre étincelle vitale est arrivée en 1946, la même année que le peronisme remportait les élections présidentielles. En ce qui concerne Avellaneda, pour le moment, le vide laissait par l’ancien « maître des vies et des biens » ne va être occupé que par les masses populaires elles mêmes. Il n’y aurait point lieu pour des « caudillos » locaux au sein de la « nouvelle Argentine peronista ». La verticalité de cette machine dont la tête était le général Perón structurait sans problèmes le fonctionnement du système.

En définitive, l’Argentine peroniste ne reconnaissait qu’un leader, le général Perón. Outre le Général, il y avait une importante structure bureaucratique mettant en œuvre l’engin de l’État « justicialista » où les masses étaient sa raison d’être. Ainsi, cette vraie enclave industrielle qui était Avellaneda n’aurait plus un leader paternaliste tel que Don Alberto. Par contre, maintenant, le terrain restait vacant pour donner lieu à un nouveau royaume des dirigeants syndicaux dépendants du leader suprême. Mais, la situation changerait à partir de la chute du peronisme en 1955 lorsque le pouvoir de certaines corporations ouvrières, dont les métallurgiques d’Avellaneda, finira pour faire recueillir dans son sein la voix interdite d’un peronisme clandestin. Ce sera le nouveau essor de cette ville industrielle par excellence et, ainsi, le berceau du nouveau « caudillo » d’Avellaneda, Herminio Iglesias, ou simplement Herminio.

à suivre


[1] Il faut rappeler que l’influence politique de Don Alberto Barceló à Avellaneda se remonte à 1909 lorsqu’il est élu maire pour la première fois. Depuis il sera à la tête de la mairie jusqu’à 1917 lorsqu’il perd son poste suite à l’intervention fédérale à la province d’avril 1917.

[2] Pour tout ce qui concerne l’influence d’Alberto Barceló au sein des conservateurs de Buenos Aires voir : Antúnez Harboure, Damián, Entre la fuerza de la razón y la razón de la fuerza. Clientelismo, elecciones y prácticas políticas en la Provincia de Buenos Aires, 1938-1943, Valladolid, G. Santa María, 2011, passim. Une autre œuvre à consulter sur l’Avellaneda de Don Alberto Barceló est la suivante: Folino, Norberto, Barceló y Ruggierito, patrones de Avellaneda, Buenos Aires, Centro Editor de América Latina, 1979.

Référence : La photo du pont Pueyrredón de Avellaneda a été enlevée du site Web http://www.uiavellaneda.com.ar/2008/avellaneda_historia.asp le 2 juillet 2013.

 
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Día de la Bandera

1983, 4º grado, Escuela Nº 8 Bernardino Rivadavia, Haedo, Morón, provincia de Buenos Aires. El cielo estaba celeste, hacía frío, pero la solemnidad era la nota en aquel patio de escuela. Se hacía el juramento a la Bandera. Padres, abuelos, maestros, alumnos, todo el colegio estaba pendiente de los de cuarto, los que juraban. Recuerdos de ese momento: solemnidad, nervios, seriedad y ese corazón hinchado de emoción..

Monumento a la Bandera. RosarioMaestro: – “Alumnos, esta es la Bandera que creó Manuel Belgrano en los albores de nuestra libertad, simboliza a la República Argentina, nuestra Patria. Es el símbolo de nuestra libre soberanía, que hace sagrados a los hombres y mujeres y a todos los pueblos del mundo. Convoca el ejercicio de nuestros deberes y nuestros derechos, a respetar las leyes y las instituciones. Es la expresión de nuestra historia forjada con la esperanza y el esfuerzo de millones de hombres y mujeres, los que nacieron en nuestra tierra y los que vinieron a poblarla al amparo de nuestra bandera y nuestra Constitución. 
 
Representa nuestra tierra y nuestros mares, nuestros ríos y bosques, nuestros llanos y montañas, el esfuerzo de sus habitantes sus sueños y realizaciones. Simboliza nuestro presente, en el que, día a día, debemos construir la democracia que nos ennoblece, y conquistar el conocimiento que nos libera; y nuestro futuro, el de nuestros hijos y el de las sucesivas generaciones de argentinos.
 
Alumnos, ¿prometen defenderla, respetarla y amarla, con fraterna tolerancia y respeto, estudiando con firme voluntad, comprometiéndose a ser ciudadanos libres y justos, aceptando solidariamente en sus diferencias a todos los que pueblan nuestro suelo y transmitiendo, en todos y cada uno de nuestros actos, sus valores permanentes e irrenunciables?”
 
Alumnos: – “Sí, prometo”.
 
 
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La provincia de Buenos Aires: antesala de la revolución del 4 de junio de 1943

La provincia de Buenos Aires: antesala de la revolución del 4 de junio de 1943

 Damián Antúnez Harboure

Revolución 4 junio 1943

“… Durante el comienzo del verano de 1942/43, Rodolfo Moreno tenía intactas sus esperanzas de ver fortalecida su pre-candidatura presidencial. Pensaba que, si lograba encolumnar al partido tras su liderazgo político, como bandera de los conservadores bonaerenses, el presidente Castillo tendría que ceder ante el peso de los hechos consumados, en sus preferencias por candidatos como Robustiano Patrón Costas o Guillermo Rothe. Sin embargo, lo que había detrás de Moreno no era un partido sólidamente encolumnado; ni siquiera el propio proceso electoral venidero estaba creando expectativas en la ciudadanía que pudieran redundar en un “clamor popular” que acompañara su candidatura. Se estaban cosechando los frutos de más de una década de unas prácticas políticas que sólo habían “producido elecciones”, que no eran consecuencia de una movilización creciente de un “electorado activo”. La opinión positiva que había merecido el gobierno de Moreno en vastos sectores de la provincia no había generado aquel “movimiento de opinión” en que éste había colocado sus esperanzas para transformar la estructura partidaria conservadora. De este modo, la aparente intransigencia que mostraron notables y dirigentes locales conservadores en su pulseada con el presidente Castillo sólo sirvió para intentar negociar posiciones coyunturales. Cuando el “árbitro Castillo” amenazó jugar la tan temida carta de la intervención federal, la dirigencia conservadora en su conjunto optó por sacrificar al gobernador y su pre-candidatura presidencial para participar de los retazos de poder que estaban en condiciones de arrancarle al presidente. La dirigencia conservadora no podía perderlo todo. La “máquina” había aprendido que, en última instancia, dependía del gobierno nacional. El fracaso de Moreno por convertir a la “máquina electoral conservadora” en algo más que un instrumento político para “producir elecciones”, no hacía otra cosa que repetir en clave liberal-reformista el fracaso de Fresco de 1940 en clave corporativista. De todos modos, los juegos políticos de la máquina electoral conservadora estaban llegando a su fin, puesto que cuando los actos de fuerza fijan las reglas del juego la escalada final puede no acabar en la instancia en que se imagina. Habría otro poder que osaría jugar una carta que desplazaría, no ya a un gobierno provincial, sino al presidente de la Nación y a las agonizantes instituciones de la república: la revolución militar del 4 de junio de 1943. En esta instancia final resulta significativo y sugerente el siguiente diálogo que mantuvieron el presidente Ramón S. Castillo y el diputado socialista por la Capital Federal Enrique Dickmann, quien lo había visitado hacia finales de 1942 con el propósito de disuadirlo en su afán por clausurar el Concejo Deliberante metropolitano:

(…) [Castillo:] – El cuerpo está contaminado, y yo lo disolveré.

[Dickmann:] – Y si mañana, en el Congreso Nacional, se descubriera que algunos legisladores. cometieron irregularidades, ¿qué haría el Poder Ejecutivo?

[Castillo:] – No titubearía en disolver el Congreso Nacional.

[Dickmann:] – ¿Y si tales irregularidades se descubrieran en el Ejército, la Marina o la Aviación, decretaría el señor Presidente la disolución de esos cuerpos?

[Castillo:] – Castigaría a los autores de tales irregularidades, – me dijo sin mucha firmeza [Dickmann]

[Dickmann:] – Por este camino de medidas de fuerza, mañana alguien que se crea con más poder, podrá disolver el mismo Poder Ejecutivo Nacional por irregularidades de alguno o algunos de sus miembros.

[Castillo:] – Ello es inverosímil (…)[1]

En poco más de seis meses la revolución militar del 4 de junio de 1943 disolvía los poderes Ejecutivo y Legislativo en sus tres niveles, al tiempo que ponía en disponibilidad a jueces federales y demás magistrados judiciales. Con todo ello también se derrumbarían las fuerzas políticas conservadoras que habían regido por algo más de una década los destinos políticos de la provincia de Buenos Aires.”[2]

___

[1] Enrique Dickmann, Recuerdos de un militante socialista, Buenos Aires, Claridad, 1949, p. 322.

[2] Extractado del libro de ANTUNEZ HARBOURE, Damián, Entre la fuerza de la razón y la razón de la fuerza. Clientelismos, elecciones y prácticas políticas en la provincia de Buenos Aires, 1938-1943,  Valladolid (España), Gráficas Santa María, 2011.

Nota: La foto ha sido extraída de la página Web www.villamanuelita.org
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Mayos argentinos

MAYOS ARGENTINOS

 Damián Antúnez Harboure

El Cabildo

Fotografía de Lorena Rojas Ávalos, Buenos Aires, Sept. 2010.

Nace la patria. En la templada cuenca del Plata, el sol del 25 sigue asomando… como si una temprana vocación primaveral le opusiera resistencia al otoño. Por su parte, el Mayo europeo sigue detentando la marca registrada de “primavera de los pueblos” de la historia contemporánea.

Las últimas jornadas de la Comuna en el París de 1871 y, casi un siglo después, el “Mayo Francés” de 1968 son actualmente testimonios redivivos de aquellas primaveras. Una estela que por cierto, si se quiere,  alcanza a la Argentina desde su nacimiento mismo. La patria naciente del 25 de mayo de 1810 refiere a su modo a una revolución dispuesta a demoler un “antiguo régimen” y que, como todo hecho revolucionario, representa una historia con final abierto, un camino que se hace al andar.

Y un andar de más de medio siglo fue necesario para unificar el país en un Estado que le diera cuerpo a la patria. Revolución y guerra fueron los términos que como ningún otro ilustraron nuestras primeras andaduras. Pronto vendrían los esfuerzos y sacrificios, muy a menudo inequitativos, para construir la “república posible”. A ésta le siguió una efímera “república verdadera”. Su muerte puso más temprano que tarde en evidencia las limitaciones de un modelo de país que no estaba preparado para albergar a un naciente proletariado industrial con todas las consecuencias que, en términos de “subversión social”, esto suponía. Entonces, el naciente movimiento peronista tomaba el relevo.

Para el historiador Felix Luna “la Argentina era una fiesta”. Aún siendo así en muchos aspectos, esto es sólo una estampa de cierta eficacia publicitaria pero reduccionista al extremo para poder evocar lo que produjo la revolución justicialista. Las propias tribulaciones de quienes gobernaron el país tras el golpe de Estado de 1955 son un testimonio fiel del cambio radical que había operado la Argentina entre 1945 y 1955. Además, el callejón sin salida de la proscripción y el silenciamiento al peronismo nos habla de una revolución que, aún inconclusa, no admitía una vuelta al pasado.

Lo cierto es que siempre nos quedará mayo. Un mayo que, en Europa, volvía a manifestarse en aquél París de 1968 para replicar sin cesar un poco por todos lados. Desde una Alemania cuasi tutelada por la Alianza Atlántica, a una España franquista con algún que otro brote verde, a los movimientos contestatarios de poderosas universidades de Estados Unidos (UCLA, California) y cruzando el río Bravo a la masacre de Tlatelolco…

En Argentina, aquél signo de los tiempos tuvo una impronta idiosincrática en el Cordobazo de mayo de 1969. El anacrónico régimen militar del Gral. Onganía dejaba al desnudo ese vacío de legitimidad que lo había acompañado desde su ascenso al poder tres años atrás. Entonces Mayo volvía a significar un revulsivo social en su sentido más descarnado: malestar social, contestación y revuelta popular. Estos fueron los signos mismos del agotamiento del statu-quo post 1955.

En cualquier caso, la salida del túnel no sería sencilla y menos aún indolora; pero peor aún, desgraciadamente se mostraría efímera. Ya veríamos cómo aquel radiante sol del 25 de mayo de 1973 con su despertar democrático, que no dejaba de proclamarse primavera, muy pronto se revelaría otoño.

No hizo falta esperar demasiado; no hizo falta que los militares derrocaran a la presidente Isabel Perón el 24 de marzo de 1976. Al transitar la frontera del verano de 1973/74 las dudas ya estaban prácticamente disipadas.

Y una vez más apareció Mayo, aunque se trataba ahora de un Mayo otoñal que presagiaba el invierno. Aquel mítico primero de mayo de 1974 el presidente Perón no lograba contener su bronca, su desazón en aquella histórica plaza, emblema de mancomunión entre pueblo y líder. Casi como una formalidad, Montoneros se retiraba de la Plaza. Ahora bien, la verdadera retirada se había producido mucho antes; aquello era sólo la confesión pública de un tránsito irrefrenable hacia el abismo.

En resumen, en ese tránsito acelerado Mayo volvía a replicar en nuestras vidas aunque en esta oportunidad vestido de tragedia. Vidas sacrificadas, vidas mutiladas, ira, destrucción y muerte. Un cóctel demoledor para una sociedad argentina ya muy golpeada por la división y los enfrentamientos estériles.

En ese mismo mayo de 1974, a diez días del episodio de la Plaza, era acribillado a balazos, a la salida de una misa en la parroquia de San Francisco Solano del barrio porteño de Mataderos, el padre Carlos Mugica, ícono de los curas del Tercer Mundo en Argentina. Se trataba del cura de los pobres, defensor de la causa de los villeros de Retiro y ex consejero espiritual de líderes montoneros como Fernando Abal Medina, Carlos Gustavo Ramus (ya por entonces fallecidos) o Mario Eduardo Firmenich. Como nadie reivindicó el atentado las acusaciones fueron desde la organización paramilitar Triple A hasta Montoneros.

Las dudas sobre el asesinato del padre Mugica persisten hasta hoy, ya que el crimen jamás fue esclarecido. De todos modos, y sin soslayar la importancia de hacer justicia con quienes se enarbolan en dueños de la vida y la muerte de sus contemporáneos, debemos subrayar que aquellas dudas sobre la autoría del asesinato no hacen sino revelarnos el papel que ya por entonces jugaba la violencia como medio de resolución del conflicto social y político de la Argentina.

Una vez más observamos cómo aquella violencia que subyace al conflicto intraperonista ortodoxia-heterodoxia y que lo trasciende constituye el campo que Pierre Bourdieu define como doxa; aquello que por estar tan instituido en las propias entrañas de una comunidad, ya no parece relevante para ser discutido, problematizado. En este oscuro campo de la doxa el mayo del ’74 se iba apagando y con él cualquier posibilidad de convivencia pacífica entre los argentinos.

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25/4/1974: Grândola, Vila Morena

Grândola, vila morena
Terra da fraternidade
O povo é quem mais ordena
Dentro de ti, ó cidade
Dentro de ti, ó cidade
O povo é quem mais ordena
Terra da fraternidade
Grândola, vila morena
 
Em cada esquina um amigo
Em cada rosto igualdade
Grândola, vila morena
Terra da fraternidade
Terra da fraternidade
Grândola, vila morena
Em cada rosto igualdade
O povo é quem mais ordena
 
À sombra duma azinheira
Que já não sabia a idade
Jurei ter por companheira
Grândola a tua vontade
Grândola a tua vontade
Jurei ter por companheira
À sombra duma azinheira
Que já não sabia a idade
Grândola, villa morena
Tierra de fraternidad
El pueblo es quien más ordena
Dentro de ti, oh ciudad
Dentro de ti, oh ciudad
El pueblo es quien más ordena
Tierra de fraternidad
Grândola, villa morena
 
En cada esquina, un amigo
En cada rostro, igualdad
Grândola, villa morena
Tierra de fraternidad
Tierra de fraternidad
Grândola villa morena
En cada rostro, igualdad
El pueblo es quien más ordena
 
A la sombra de una encina
De la que ya no sabía su edad
Juré tener por compañera
Grândola, tu voluntad
Grândola, tu voluntad
Juré tener por compañera
A la sombra de una encina
De la que ya no sabía su edad

Nota: La canción Grândola, Vila Morena fue compuesta por el cantautor portugués José “Zeca” Afonso en el año 1964 como homenaje a la Sociedad Musical Fraternidad Operaria Grandolense de la ciudad portuguesa de Grândola, ubicada en la región del Alentejo. Diez años después, esta canción, que hacía referencia a la fraternidad entre las personas de Grândola, se convertirá en ícono del movimiento revolucionario que derrocará a la dictadura de Salazar-Caetano ya que fue la melodía elegida por el Movimiento de la Fuerzas Armadas (MFA) para ser la segunda y definitiva señal de lo que luego pasó a denominarse la Revolução dos Cravos. Así, en la madrugada del 25 de abril de 1974 esta canción fue retransmitida en el programa Limite de Rádio Renascença, emisora católica portuguesa, como señal para la confirmación del inicio de la revolución.
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Lluvias de Abril

Lluvias de Abril:

La Revolución de los Claveles en la historia contemporánea

 Damián Antúnez Harboure

Cartel conmemorativo 25 de abrilEl politólogo Samuel Huntington hizo célebre aquello de las olas democratizadoras en la historia contemporánea de occidente puntualizando que la tercera se había iniciado en abril de 1974 en Portugal[1]. En particular, el parto tuvo lugar en la madrugada del 25 de abril de 1974 cuando la emisora católica portuguesa Rádio Renascença hiciera sonar un grito de guerra que quiso ser un canto de paz. Entonces, Grândola Vila Morena -una canción compuesta por José Afonso en 1964 y prohibida por la dictadura- se apoderó de los corazones del sufrido pueblo lusitano que a partir de allí se vio redimido por la decisión valiente y serena de los militares del Movimiento de las Fuerzas Armadas (MFA)[2] de poner fin al decadente y opresor régimen salazarista para devolverle aquello que nunca debería haber perdido: la plena capacidad de hacer valer la voluntad general para forjar su destino.

Aquella mañana del 25 de abril de 1974, junto a los generales Spínola y Costa Gomes y a otros oficiales como Melo Antúnes, Saraiva o Vasco Gonçalves, el pueblo portugués despertó del tórrido sueño de la dictadura de Salazar-Caetano descendiendo a las calles y acercándose al Cuartel do Carmo para vivar a los “sediciosos” y exigir las renuncias del primer ministro Marcelo Caetano y del presidente Américo Tomás. Pueblo y ejército juntos, unidos simbólicamente por unos claveles que los militares colocaron en las bocas de sus tanques y fusiles como muestra del carácter pacífico del movimiento, daban vuelta una larga y trágica página de la historia contemporánea de Portugal. Aquel 25 de abril se abría también el retardado proceso de independencia colonial en Angola, Mozambique, Santo Tomé y Príncipe, Cabo Verde, Guinea Bissau, Macao y Timor Oriental.

La vergüenza colonialista de las ruinas del antiguo imperio portugués, propia de una élite dirigente que combinaba una raigambre pre-moderna con unos intereses económicos ligados a un capitalismo periférico y depredador, se convertía ahora en los cimientos de un proceso político no exento de tensiones vinculadas a un contexto internacional de guerra fría que preanunciaba fuertes pulsiones democráticas. Unas pulsiones que fueron acompañadas de un portentoso anhelo de igualdad social en un país empobrecido hasta la asfixia. En definitiva, el pueblo portugués se abría a un complejo y, en cierto modo, novedoso proceso político bajo la atenta mirada de los poderosos de la Alianza Atlántica que temían una salida de la revolución portuguesa en clave socialista. Por cierto, una atenta mirada que amenazaba devenir tutela.

Pero ahí estaba ese Movimiento de las Fuerzas Armadas que, apoyado principalmente por los rehabilitados partidos Socialista (Mario Soares) y Comunista (Álvaro Cunhal), se había erigido en centinela de lo que ya se conocía como Revolução dos Cravos [Revolución de los Claveles]. Una revolución que bien podríamos encuadrar en los procesos de liberación nacional que vivía el denominado Tercer Mundo desde hacía ya más de tres lustros aunque hasta entonces no hubiera incluido a la franja meridional de la “vieja” Europa sino antes bien a la “tricontinental” de los pueblos más pobres y sojuzgados del planeta en América Latina, Asia y África.

Documento secreto del MFA

Documento secreto del MFA

En cualquier caso, aquel encuadre no debe impedirnos extraer ciertas notas que nos hablan de la originalidad de la Revolución de los Claveles. He aquí entonces, como ya lo anticipáramos, una primera marca iconoclasta: estamos frente a un movimiento de liberación nacional enclavado en la Europa occidental. Una segunda marca tan original como iconoclasta serían los también referidos anhelos de conjugar libertad e igualdad o si se quiere, de una forma mucho más estereotipada, democracia y socialismo, sin resignar los primeros en pos de los segundos y viceversa, lo que complicará hasta lo impensable el proceso de “institucionalización” que sigue a toda revolución, comprendiendo importantes riesgos de retroceso como ocurriera entre los últimos meses de 1974 y el primer trimestre del año siguiente. Ahora bien, podemos incluir una tercera nota que hace a la idiosincrasia de esta revolución y que también la vuelve iconoclasta al menos para países del cono sur de América Latina como Argentina, Brasil o Chile donde sus Fuerzas Armadas se vieron definitivamente alineadas con la reacción: el papel liberador de unos militares que dieron el golpe de gracia que necesitaba el tambaleante régimen salazarista para derrumbarse, poniendo fin a la guerra colonial y apostando por la democracia y, en el caso de la fracción más radical del MFA, aún por el socialismo[3].

En resumen, unos claveles, una canción y un grupo de valientes oficiales del ejército acabaron como el significante de una revolución que designó un cambio de era en la historia del Portugal contemporáneo. Se abría entonces un nuevo proceso democratizador en el sur de Europa: la caída de las oxidadas dictaduras había comenzado en Portugal pero pronto le tocaría el turno a Grecia y algo más tarde a España, también hartas de opresión, mediocridad e injusticia.

Se consagraba así esa nueva ola democratizadora enclavada en la franja más postergada de la Europa mediterránea. Ya hemos señalado que este proceso sería caracterizado por el politólogo Samuel Huntington como la tercera ola democratizadora del mundo occidental; sin embargo, es dable preguntarnos si no se debiera poner en cuestión la datación con la que dicho autor inaugura esa tercera ola. Este simple ejercicio de análisis histórico nos lleva indefectiblemente al proceso de transición democrática de Argentina que culmina en las elecciones del 11 de marzo y del 15 de abril de 1973[4].

Este planteamiento puede parecer impertinente o pretencioso desde una perspectiva eurocéntrica. No perdamos de vista que se está cuestionando la pertinencia de considerar las “transiciones democráticas” de Portugal, Grecia y España como un proceso socio-político dotado de cierta homogeneidad o coherencia interna, no exento de un carácter teleológico. Pareciera como si dichas transiciones estuviesen destinadas al éxito, lo que suponía la incorporación de dichos países al “tren de la historia”, al “club del progreso”, cuya consagración final no sería otra que la incorporación a la entonces Comunidad Económica Europea. Desde esta perspectiva, un caso como el argentino de 1973 no sería otra cosa que un “caso fallido”, periférico y que además se suponía destinado a encallar. Parecería complicado imaginar una Argentina democrática, por ejemplo, luego del derrocamiento de Salvador Allende en Chile en septiembre de 1973, además, cuando antes había sido pulverizado cualquier mínimo ensayo democrático en Brasil, Bolivia o Uruguay.

No obstante, un año antes de la Revolución de los Claveles nada de todo aquello era considerado un escenario político necesariamente plausible. Ni la tercera ola democratizadora europea era una realidad reconocible por teóricos políticos, sociales o intelectuales de las más diversas corrientes ideológicas en 1974, ni la salida de la dictadura argentina en 1973 se mostraba débil o destinada al fracaso. Muy por el contrario, no pocos actores sociales y políticos de entonces, intelectuales o analistas políticos y sociales más que preocuparse por la capacidad de Argentina en superar el denominado “péndulo cívico-militar” -se daba por hecho el hundimiento político del denominado “partido militar”-, las incógnitas del proceso político de entonces estaban centradas en cómo se resolvería el difuso proyecto de “socialismo nacional” que embanderaba a las “formaciones especiales” peronistas y, en particular, a Montoneros.

También es preciso reconocer que el vértigo de los cambios políticos y sociales de aquellos años nos lleva a considerar que, al estallar la Revolución de los Claveles, la Argentina presidida por el ya anciano general Perón mostraba no pocos signos de deterioro institucional e incertidumbre política al son de una profunda crisis y enfrentamiento al interior del peronismo gobernante que impactaba sobre los distintos niveles de gobierno. En los cuatro primeros meses de 1974 habían renunciado el gobernador de Buenos Aires, Dr. Oscar Bidegain, ante la crisis suscitada por el ataque del ERP al cuartel militar de Azul y el gobernador de Córdoba, Dr. Ricardo Obregón Cano, como consecuencia de los confusos episodios que siguieron a su derrocamiento por un exonerado jefe de la Policía provincial. Pero los “líos provinciales” no acababan allí; la situación del gobernador mendocino Dr. Alberto Martínez Baca pendía de un hilo una vez iniciado un forzado proceso de juicio político y los conflictos derivados de los enfrentamientos entre los gobernadores y vicegobernadores de Santa Cruz y Salta no auguraban tregua alguna. Y estas crisis políticas provinciales siendo las más agudas no eran las únicas. Las batallas del conflicto intraperonista entre la Tendencia y la Ortodoxia iban prefigurando entonces sí un derrotero cada vez más violento que ponía cada vez más en tela de juicio el futuro de la naciente democracia frente a una plausible Argentina sin Perón presidente [5].

Dicho de otro modo, las lluvias de abril correspondieron a un tiempo a la primavera portuguesa y a otro al otoño argentino de 1974; pero ello no hacía aún prever cuál sería el derrotero histórico a un lado y a otro del Atlántico, más allá de los signos políticos que por entonces desgranaba Clío. Más tarde sí quedaría claro que lo de Argentina había sido un ensayo abortado antes que fallido y que a su vez dejaba la exclusiva del éxito a los victoriosos “capitanes de abril” en lo que sería la Tercera República Portuguesa.


[1] Huntington, Samuel, La tercera ola. La democratización a finales del siglo XX, Barcelona, Ediciones Paidós Ibérica, 1994.
[2] Organización clandestina surgida en el seno de las FFAA de Portugal e integrada por oficiales de alto grado que se oponían a la política colonial del gobierno del primer ministro Dr. Marcelo Caetano, al tiempo que buscaba articular una salida política a la ya desgastada dictadura salazarista.
[3] En contraposición con la alineación pro estadounidense de las FFAA de países como Argentina, Brasil o Chile con posterioridad a la Revolución Cubana (1959) puede mencionarse el caso de Perú, donde se forjó un modelo de ejército nacionalista-antiimperialista (“peruanismo”) de la mano del presidente Gral. Juan Velasco Alvarado (1968-1975). Esta experiencia histórica, que podría encontrar puntos de contacto con el caso del régimen de Gamal Abdel Nasser en Egipto, se extiende también a otros países de América Latina, aunque se trata de casos más aislados y desde luego menos orgánicos por implicar sólo a grupos de militares aunque con liderazgos fuertes como lo han sido el del Gral. Juan José Torres en Bolivia (presidente derrocado en 1971) y el del Gral. Líber Seregni Mosquera en Uruguay (fundador y referente del Frente Amplio).
[4] Este planteamiento aparece específicamente desarrollado en mi tesis doctoral. Ver: Antúnez Harboure, Damián, La Tendencia Revolucionaria del Peronismo en los gobiernos provinciales. Buenos Aires, Córdoba, Mendoza, Santa Cruz y Salta. 1973-1974, Salamanca, Universidad de Salamanca, 2011.
[5] Téngase presente que al comienzo del otoño austral de 1974 la salud del presidente era un tema de Estado de primer orden debido a su visible deterioro.
Nota: El cartel conmemorativo del 25 de abril de 1974 ha sido extraído de la página Web http://www.digitalblue.blogs.sapo.pt / El documento secreto del MFA ha sido extraído de la página Web http://www.lagash.blogs.sapo.pt.
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